Instants Nature

Denis Guillaume

Photographe nature

Rève d’Islande

Voyage été 2014

Fin juin 2014, je suis partis avec des copains pour un voyage photographique dans cette ile surprenante. Un amis photographe connaissant bien le pays nous guida afin de nous faire découvrir un maximum de paysage.
Pour préparer mon voyage, j’ai découvert un site internet que je vous recommande. Il est très précis sur cette ile aux multiples facettes.
http://saga.gilabert.pagesperso-orange.fr

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L’Islande est une grande île située juste au-dessous du cercle polaire arctique. Elle représente environ 1/5 de la superficie de la France avec seulement 350000 habitants. Elle se situe sur la dorsale médio-atlantique. Les forces tectoniques écartent les plaques continentales de l’Amérique et de l’Europe. L’Islande nous fait découvrir ce qui se passe au fond de l’océan. Les phénomènes tectoniques, volcaniques et géothermiques y sont présents plus que partout ailleurs dans le monde. Toutes ces activités transforment, sculptent et modèlent le relief.
Sur le plan environnemental, l’Islande se veut un modèle en matière d’écologie. La préservation des milieux naturels y est érigée au rang de valeur fondamentale et la notion de "développement durable" y prévaut dans la plupart des décisions gouvernementales.
Sur le plan de la recherche énergétique, l’Islande est un leader mondial, que ce soit dans le domaine de la géothermie ou celui de l’hydro-électricité et, tout récemment, avec un ambitieux programme "hydrogène" qui lui permettra peut-être d’être l’un des premiers pays au monde à s’affranchir complètement du pétrole.

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Centrale géothermique au pieds du Krafla

Située sur la dorsale de feu qui partage l’Océan Atlantique et traversée par le rift, l’Islande est sur un "point chaud" de l’écorce terrestre. Sur cette île de 102 000 km2, on trouve deux cents volcans en veilleuse. Le quart du territoire islandais est classé zone de volcanisme potentiellement actif. Il y a une éruption volcanique en moyenne tous les quatre ans. Ceci explique que les phénomènes géothermiques y soient aussi répandus.
L’Islande est donc le pays par excellence de la géothermie. Trois cents sites exploitent cette technique sur des zones à basse ou à haute température. L’énergie consommée dans le pays est à 40 % d’origine géothermique, 85% des maisons et la quasi-totalité des bâtiments publics utilisent les ressources géothermiques pour le chauffage.

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Un voyage en Islande c’est un voyage dans le temps. Le dépaysement y est garanti. C’est dans cette atmosphère irréelle que nous débarquons, avec quatre camarades photographes, à l’aéroport de Keflavik.
Récupération du véhicule de location, approvisionnement en victuailles et direction l’aventure. Nous partons en direction de l’ouest pour notre première nuit islandaise. Nous campons à Hveragerdi, petite bourgade où nous devons découvrir des sources chaudes. Nous sommes, comme il se doit, accueillis par une pluie fine.
La première surprise c’est que malgré un ciel couvert, nous n’avons pas besoin de lampe, même à une heure du matin.
Tout au long de notre voyage, nous avons profité de longues journées, même quand il faisait mauvais temps. Peu de fois nous nous sommes couchés avant minuit. Nous arrivions souvent, dans les campings, vers 23h. Nous avons même photographié jusqu’à une heure du matin. C’est pratique pour faire des poses longues sans avoir à utiliser des filtres ND.

Après une bonne nuit et un copieux petit déjeuner, départ pour la découverte du site des sources chaudes. Sur place, plusieurs « marmites » sont en ébullition. Nous en côtoyons pleines de boues grises, de boues ocres et d’eau pure en ébullition. Premières photos depuis notre arrivée. C’est une configuration très variée mais avec un dénominateur commun, le soufre. Mes narines s’en souviennent encore. On retrouvera cette odeur de soufre tout au long de notre voyage car l’eau chaude du robinet est de l’eau captée dans ces sources, donc naturellement soufrée.

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Sources chaudes à Hveragerdi

Les petites forêts de sapins contrastent un peu avec l’idée que nous nous faisions d’une Islande sauvage, rude et désertique. Nous sommes surpris par la présence de lupins sauvages donnant une touche de couleur mauve au paysage. Les islandais en ont fait venir d’Alaska afin de coloniser les sols pauvres et limiter l’érosion, surtout dans le centre du pays. Les lupins fournissent de l’azote au sol, ce qui permet à d’autres plantes de s’installer. C’est une plante qui supporte bien les conditions climatiques difficiles mais qui étouffe les autres et empêche même certaines de se développer.

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Champs de lave le long de la route N°1

Notre périple continue en direction de l’ouest. La prochaine étape nous fait découvrir de fabuleuses cascades comme Seljalandsfoss et Skogarfoss avant d’arriver à VIK. Autour de ce petit village très pluvieux, nous découvrons la belle plage de Reynisfjara avec sa grotte sous-marine et ses magnifiques orgues basaltiques. De la plage, nous pouvons admirer sur notre droite les falaises de Dyrhólaey et en face de nous, les aiguilles noires de Reynisdrangur. La légende évoque 2 trolls tentant de faire échouer un navire 3 mats sur le rivage. Malheureusement pour eux, ils se sont fait surprendre par l’aube et les rayons de soleil les ont transformés en pierre. En fait, il s’agit d’aiguilles de lave attaquées par l’eau de mer et les vents violents. C’est un paradis pour les oiseaux ! Quelle surprise de voir cette plage de sable fin et noir. Toutes les plages du sud de l’Islande sont de ce type. C’est dû à l’importance des éruptions volcaniques.

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Plage de Reynisfjara

L’étape suivante nous conduit au pied du glacier Vatnajökull. C’est la plus grande calotte glacière d’Islande. Nous faisons connaissance de ces énormes langues de glace. Elles n’arrivent pas directement dans la mer mais libèrent d’énormes glaçons dans des lacs avant de la rejoindre. Nous observons des colonies de Sternes arctiques, des Labbes, des Pingouins Torda, Guillemots de Brunnich, Bruant des neiges et le fameux Eider à duvet. Les Sternes nichent tout autour des parkings et jusqu’au bord de la route menant au bord de la lagune. Ce n’est pas de leur goût que de nous voir passer si près. Elles nous attaquent en piquet avec leur bec pointu. Le couvre-chef est donc obligatoire.

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Langue du glacier Vatnajökull

Changement de décor. Nous partons à la découverte des macareux moines à Borgarfjörður sur la pointe est de l’île. Après une étape à Hofn et au joli petit port d’Hvalnes, nous laissons la côte et traversons des hauts plateaux. Nous sommes censés y découvrir des troupeaux de Rennes mais ils ne sont pas au rendez-vous. Par contre, à notre arrivée à destination, les macareux moines s’activent à nourrir leurs petits. Ils nichent dans des terriers creusés sur le haut des falaises. Cela vaut le détour. De retour au camping, ce sont des pluviers dorés qui nous accueillent.

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Macareux Moine - Fratercula arctica

Après le dîner, devant un irish coffee, nous faisons la connaissance d’un photographe belge. De par ses conseils, il va orienter notre voyage en direction du « Bec de canard », presqu’île de Langanes, où nous attend une colonie de Fous de Bassan. Ils sont également en pleine période de nidification. Après une trentaine de kilomètre de mauvaise piste, nous arrivons au bord d’une falaise où nos oiseaux visités sont accompagnés, entre autres, de Pingouins Torda et de Guillemots de Troll. Nous y passons la nuit abrités dans une petite cuvette qui, à titre exceptionnel, dans cet endroit, est recouverte de tourbe et d’une herbe bien verte.

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Fou de Bassan - Morus bassanus

Après une bonne nuit bercée par le vent, retour à la civilisation pour notre prochaine étape, Husavik. Mais sur le chemin, petit arrêt pour une balade de 4 heures sur les falaises de Rauðanes. C’est une série de formations rocheuses avec des grottes effondrées, des arcs volcaniques et des oiseaux variés. C’est vraiment étrange cette roche volcanique noire et friable au gré des marées.
Comme presque tous les jours, nous arrivons au camping de Husavik vers 23h. Le lendemain, les copains sont allés voir les baleines dans un magnifique bateau en bois. N’ayant pas du tout le pied marin, je me suis contenté de visiter cette superbe petite bourgade et ses nombreux bateaux qui occupent le port.

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Port d’Hüsavik

Après cette escapade à Husavik, nous nous dirigeons vers Myvatn, grand lac au pied du volcan Krafla. C’est la troisième étendue d’eau naturelle du pays. Myvatn veut dire « le lac des mouches ». Cela vient des insectes, les chironomidés, qui y sont très présents. De petite taille, ils ressemblent beaucoup à des moustiques et sont communément confondus avec ces derniers. Ils ne piquent pas mais de par leur quantité, la moustiquaire sur la tête est de mise. Sinon, gare à l’indigestion. Le coin est connu des ornithologues pour la quinzaine de canards qui y nichent à partir d’avril. Sur place, nous faisons la connaissance du Grèbe esclavon et des Phalaropes à bec étroits. Ce sont deux oiseaux arborant de superbes couleurs.

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Camping au bord du lac de Myvatn

Aux alentours du lac, nous découvrons Grjotagja, une superbe grotte d’eau chaude au milieu d’un champ de lave. Plus loin, les sources chaudes et sulfureuses de Namafjall. Nous prolongeons la route jusqu’au volcan Krafla et son superbe cratère rempli d’eau de fonte. Quel panorama ! Sa dernière éruption date de 1984.
Après une nuit au sympathique camping situé au bord du lac, nous quittons les lieux pour faire une petite halte au bord de la rivière Laxá. C’est une rencontre avec le Plongeon Catmarin, le Garot d’Islande et le Harelde boréale, qui restera inoubliable. Avant de repartir, nous jouons à cache-cache avec le Plongeon au gré de ses humeurs.

C’est avec regrets que nous abandonnons ce magnifique endroit pour nous diriger vers Akureyri puis Varmahlíð. Sur la route, déjeuner au-dessus de la cascade de Godafoss. Encore un superbe monument naturel.
La suite de notre périple nous dirige tout droit vers le centre du pays. Nous projetons de rallier Gulfoss en passant par les sources chaudes de Hveravellir. Sur notre parcours, nous faisons une excursion sur le plateau de Kerlingarfjoll. La vue y est magnifique et les différentes couleurs des roches et lichens en font un tableau surréaliste. Le vent et le froid nous remettent vite dans la réalité et nous quittons cet endroit avec un peu de frustration. Quand le temps n’y est pas…

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Sur la route d’Hveravellir

En passant devant Geysir et Gulfoss nous filons à Hella où nous attend un chalet avec du chauffage et une douche chaude.
Après une belle soirée bien au chaud et au sec, une bonne nuit dans un vrai lit, nous poursuivons l’aventure vers Geysir pour y découvrir le plus grand geyser d’Islande. Dommage qu’il y ait tant de touristes à vouloir voir le même site. Direction la cascade de Gulfoss qui est la plus impressionnante que nous ayons vue depuis notre arrivée. De plus, le soleil nous accompagne et nous offre un magnifique arc en ciel. Le site est vraiment exceptionnel. Surtout par beau temps.

L’étape suivante nous amène à Þingvellir, parc national où nous posons nos toiles de tente. De là nous visitons la faille d’Almannagjá et le Lögberg, le « Rocher de la loi ». Ce dernier constitue le principal lieu historique national puisqu’il était le lieu de rassemblement originel d’un des plus vieux parlements du monde, l’Alþing, qui y fut fondé dès 930. L’indépendance de l’Islande y fut proclamée le 17 juin 1944. Concernant la faille d’Almannagjá, elle correspond à la séparation des plaques continentales de l’Amérique et de l’Europe. C’est le reflet de ce qui se passe au font de l’océan.

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Faille d’Almannagjá

Le lendemain, direction Borganes, sur la côte ouest de l’île. Le temps n’y étant pas, après une balade sur la plage et une seconde rencontre avec le Plongeon Catmarin, nous retournons en direction de Reykjavik. Quelques achats souvenir et découverte de l’architecture de la capitale. Ensuite, nous nous dirigeons vers notre dernière destination avant le grand retour, le camping de Grindavik, un peu plus au sud.

Après une dernière nuit pluvieuse, nous y sommes, le grand départ approche. Nous nous retrouvons à l’aéroport de Keflavik avec tous nos souvenirs et plus de 3000 photos. Ça va être difficile de faire du tri.

Ce voyage nous a paru trop court. 3000 km en 14 jours, c’est beaucoup mais cela nous a permis de découvrir un maximum de sites et donc des paysages différents. C’est une première approche qui nous donne envie d’y retourner. Je souhaite renouveler l’expérience mais en ciblant certains lieux afin d’y observer des espèces emblématique d’Islande comme le renard polaire ou les différents plongeons…

J’ai rendez-vous avec les aurores boréales en Février 2015. Toujours avec des copains photographes.
De nouvelles photos en perspective…..

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